ENTREPRISES et TOURISME

Ets. ZAPA INFORMATIQUE

GERARD FREITAG - auteur

Visites

 88432 visiteurs

 3 visiteurs en ligne


 
L'HISTORIQUE    MME   PISCINE
            
 Extrait du Messager des VOSGES Illustré
N° 23 du 08 Novembre 1903
Notre photogravure donne une vue d'ensemble du bain public. On distingue facilement la coupole en zinc, surmontée d'une deuxième en verres - briques rondes. Sur le devant se projette la cheminée sur l'emplacement réservé aux machines. Mercredi dernier, le bâtiment, après avoir été visité gratuitement pendant 3 jours par le public, a émerveillé tous ceux qui y sont entrés et tous les visiteurs sont d'accord à en louer la magnificence et le confort. Il est inutile de revenir ici sur l'utilité des bains reconnue et appréciée par l'immense majorité de la population, au point de vue des principes d'hygiène et de propreté que l'emploi des bains inculque à la classe ouvrière et à la jeunesse. Les anglais furent nos devanciers dans ce genre d'éducation physique nationale, puis virent la France, la Belgique, la Suisse,  et l'Amérique  (Ste Marie A/Mines était Allemande en 1903). Les bassins de natation fermés et chauffés ne furent introduits en Allemagne que vers 1870. En Alsace il n'existe de bain  semblable ou rapprochant qu'à GUEBWILLER, mais prochainement il s'en élèvera à COLMAR et STRASBOURG.
Le 21 Octobre 1897,  la question d'une construction d'une piscine fut portée pour la première fois devant le conseil municipal et renvoyée devant la commission des bâtiments. Le 25 avril 1899, le maire fit part au conseil de la décision de la commission, mais personne ne parvint à s'entendre et finalement on vota au scrutin secret,  une commission spéciale composée de Mrs. Blech, Holzschuh, Burger, Edler et Lacour. En première mission, il fut décidé d'aller visiter les bains de Neustadt et de Fribourg. Le 19 mars 1900, elle proposa au conseil de construire le bain sur la propriété de Mr De Dartein achetée quelque temps auparavant par la ville. Le 02 mai 1901 le conseil accepta le projet, et le 12 juillet de la même année, par voie de soumission, les entrepreneurs Hermann et Schroth furent chargés des travaux de maçonnerie. A l'entrée de l'hiver 1901, la construction se trouvait sous le toit, mais bientôt surgirent des imprévus et une série d'inextricables difficultés. En février 1903, d'après un rapport de Mr  Bloch architecte à Colmar, les devis existants étaient tellement incomplets et défectueux dans le principe, qu'il fallut en dresser des nouveaux, d'où crédits supplémentaires rapport occasionna de très vifs débats, mais les travaux reprirent énergiquement et dans une séance du 26 août 1903 le maire put enfin annoncer au conseil que la construction approchait de sa fin. Le mercredi 4 novembre 1903 à 2 heures de l'après midi, Mr Dahlem de Cologne, maître - baigneur procéda à l'ouverture au public du bain. Elle fut précédée d'une inauguration à laquelle assistèrent les autorités locales, le conseil municipal, les représentants du clergé et des écoles de la ville, des médecins et quelques invités, puis les fournisseurs et artisans qui y avaient travaillé, en tout plus de 80 personnes.
 
 
La façade regarde la rue Osmont. A gauche du spacieux vestibule se trouve le guichet avec la distribution du linge. Derrière cette pièce on parvient dans la lingerie en communication avec la buanderie et l'emplacement des machines par un escalier tournant. Du même côté au rez de chaussée sont les bains médicinaux avec leurs multiples systèmes de douches, bains de vapeur et d'air chaud, cellule de massage, fauteuils et chaises de repos. A droite deux salons d'attente communiquent avec les bains de salon et les cabines de 1ère classe. Un escalier descend à gauche aux cabines de 2ème classe. L'établissement renferme 2 bains de salon, 5 cabines de 1ère classe, 7 cabines de 2ème classe, 6 douches, 1 bain médicinal et le bassin. Chaque section de bains est reliée à un ou plusieurs cabinets d'aisance.
Le bassin mesure 9 m sur 19 : 171 m², la hauteur moyenne d'eau est comprise entre 80 centimètres et 3 mètres. Le volume en est évalué à 350 mètres cubes. Tout autour du bassin, presque au niveau de l'eau, court une guirlande en émail représentant des poissons et des nénuphars, où sont fixées également des barres en laiton qui permettent aux novices ou aux nageurs fatigués de s'y cramponner. Une corde en fil de fer indique la limite aux baigneurs qui ne savent pas nager. L'eau y est changée deux fois par semaine, mais il entre constamment de l'eau fraîche dans le bassin, dont le trop plein s'écoule par un conduit qui le contourne et qui sert également de crachoir. La température de l'eau est de 22°
A quelques  mètres  au dessus du bassin est tendue d'un bout à l'autre une corde en fil de fer sur laquelle glissent des roulettes munies chacune d'une autre corde servant à attacher l'élève nageur qui de cette manière est maintenu sur l'eau et peut ainsi, en s'exerçant  à faire des mouvements de natation, traverser toute la longueur de la piscine. A l'extrémité du bassin nous y trouvons des douches et des réservoirs pour s'y laver les pieds avant d'entrer dans le bassin. Au dessus de cet endroit il y a un balcon réservé au enfants qui s'y déshabillent. Pour maintenir en été une température agréable, deux pulvérisateurs y lancent des jets de brouillard. Le bassin est éclairé par des fenêtres latérales et par une coupole en verres multicolores qui laissent filtrer une lumière merveilleuse. L'installation du bain est belle et pratique ; le public, qui en a admiré la netteté et le confort, en fut empoigné, émerveillé.   
Extraits…
 1-  Pour entrer dans l'établissement, il faut se munir d'une carte qui est délivrée à la caisse. Pour visiter tout l'intérieur on délivre des cartes aux prix de 40 pf. La visite ne peut avoir lieu que sous la conduite d'un surveillant de l'établissement et ne peut durer plus d'un quart d'heure.
 2-   Il est interdit d'y amener des chiens, de fumer,  de crier, de chanter et de siffler dans l'établissement.
 3-  L'entrée de l'établissement est complètement interdite aux personnes  qui ont des maladies contagieuses ou répugnantes.
Pour le nettoyage du corps le  SAVON SANS ODEUR est seul toléré.
 4-  Chaque baigneur ou baigneuse est obligé, avant d'entrer dans le bassin, de se rendre à l'emplacement réservé pour le lavage du corps. Après ce lavage, surtout celui des pieds, de se prendre une douche chaude et dont la durée ne devra pas dépasser 5mn.Quiconque dépassera ce laps de temps devra payer une carte spéciale pour douche. Après la sortie du bassin l'accès réservé au lavage du corps ne sera plus permis.
Avant d'entrer dans le bassin, les baigneuses devront passer du cabinet au bidet.
 5-  Pour les crachats on devra se servir exclusivement du conduit qui se trouve autour du bassin, ou des crachoirs déposés en quantités suffisantes dans les corridors. Quiconque sera surpris à cracher dans l'eau ou par terre sera renvoyé sur le champ de l'établissement.
L'expulsion perpétuelle de l'établissement sera prononcée contre toute personne accusée d'avoir uriné dans la piscine.
 6-  Il est interdit de plonger sur son voisin, et il est rigoureusement défendu également de sauter de la galerie supérieure (balcon) dans le bassin.
 7-  Les dames et les jeunes filles ne devront employer que des costumes de bon teint pour entrer dans le bassin.
 8-  Il est strictement interdit aux hommes de se baigner sans  caleçon et aux dames sans costume et bonnet de bain. Défense de laver ou de tordre le linge dans le bassin.
 Tarifs…       Les droits d'entrée étaient les suivants :
 Bassin   Adultes          0,40 Marks
              Enfants           0,20 Marks 
 Bains    1ère   Classe  0,80 Marks
              2ème Classe  0,30 Marks  
 Douches                      0,10 Marks
 L'ouverture des bains municipaux a représentée à l'époque un événement important pour la ville de STE MARIE A/MINES et la vallée mais elle témoignait également de sa vitalité et de sa prospérité économique.
 
 
                                   
 
Les bains municipaux ont subi au cour de leur existence de nombreux travaux de rénovation et d'aménagement.
En 1968, la rénovation de la toiture, qui s'était sérieusement dégradée au cours des années, a été réalisée. Les murs de l'établissement qui avaient perdu leur crépi, ont été remis en état. Le montant des travaux se chiffrait à l'époque à 288.000 Frs. Des subventions de l'ordre de 30% avaient té obtenues. De toutes manière l'établissement qui avait 65 ans d'âge devait être sauvé. Il faut relevé également qu'auparavant l'installation d'un nouveau système de chauffage et de traitement de l'eau avait été réalisé pour un coût de 450.000 Frs.
 En 1985/86 la toiture a été remplacée, cela entraîna des travaux de gros-œuvre, charpente, couverture, menuiserie extérieur, électricité, chauffage et peinture, le coût en était de 2.000.000 Frs.
 Les années 1987/88 ont vu la création de nouvelles douches et sanitaires, l'aménagement de vestiaires collectifs et individuels pour un montant de 1.500.000 Frs.
L'installation d'un sonna et d'un bronzeur UVA a été réalisée en 1990.
 La même année une unité de traitement automatique ph chlore a été installée. Coût des travaux : 238.000 Frs. Le remplacement de l'échangeur de chaleur a nécessité un crédit de 140.000 Frs. En 1992.
 Enfin en 1994 les chaudières ont été une nouvelle fois remplacées par une installation neuve et mieux adaptée le tout pour une somme de 475.000 Frs. Les réseaux électriques ont par ailleurs nécessité une mise en conformité pour un coût de 60.000 Frs.
 
Si l'on additionne les montants investis pour les divers travaux depuis 1965 on arrive à la modique somme de 5.151.000 Frs
soit plus de 585.000 Euros.
 Les efforts financiers consentis par la municipalité et le conseil municipal témoignent d'une volonté réelle de maintien et surtout de modernisation et d'adaptation de l'établissement aux exigences actuelles.  Les habitants de notre vallée disposent à présent d'une piscine et de bains bien équipés et fonctionnels.  Surtout et je croix qu'il faudrait le relever, c'est STE MARIE AUX MINES et elle seule qui supporte l'ensemble des frais d'investissements et de fonctionnement, alors que cette piscine couvre largement les besoins du Val D'Argent.
 
            
 
 
 
              
               
                                                                   
 

Page lue 3380 fois
Précédent  
  Suivant